Retour ( Text à l'état d'ébauche ) J'ai mené une étude sur les pratiques artistiques qui jouent avec le "Hacker feeling" dans leurs narrations spéculatives. Je me suis demandé ce qu'il reste de l'utopie d'un Internet libre, en scission politique avec les gouvernements_étatiques. J'ai voulu questionner ma propre sensibiité relationnelle_empathique qui parfois me rend si intrusif, perméable et touché par l'Autre. Comment se séparer de l'autre ? D'un réseau ? --du dedans ou du dehors. Comment faire scission d'avec les lois établies ? Comment penser la barbarie, l'inhumain, l'ombre en soi et chez l'autre ? Quel rapport entretenons nous avec nos émotions refoulées, tues ou interdites à l'expression publique_politique ? Les arts si souvent contenus en sécurité, quasi hors sol de la vie sociale, ont ils encore les moyens d'être politiques autrement qu'en racontant_rapportant des réalités invisibles,-- démédiatisées, retenus comme existant par leurs usagers, par les corps de métiers, ces branches expertes, aillant propritété sur le savoir de leur production, --en faisant fuiter le réel, en détournant les usages mormatifs, contraints, des appareils numériques et humains qui (re)produisent ce monde, le rendent légitime et désirable, surtout sans alternative possible. La démocratisation des moyens de production et de diffusion nous donnent aujourd'hui plus que jamais, à nous, individus divisés, les moyens de performer par nous même notre mise en forme. Une pratique auto-design, d'extraversion de soi-même qui ont destitué l'artiste de sa place d'excentrique faisant de sa vie une œuvre d'art. À ce monde de sur-représentation de l'individu-- les enclosures les replis numériques, la retenue, le silence, sont autant de moyens de résistance pour légitimer une écologie décroissante dans laquelle l'attention à soi et à l'autre nécessite la confection d'un monde à soi intérieur riche. Une économie de l'existance qui s'oppose à celle du paraitre comme modalité essentielle de l'existance. Un rapport à soi porté plutôt à cultiver un esotérisme individuel à la recherche d'une certaine honêteté et compréhension de ses propres zones d'ombres et culnérabilités qui --de plus-- ont besoin d'espaces protégés, pour être apréhendés et cultivés sans crainte d'une attaque extérieure. Un esothérisme qui a besoin, [-- comme toute minorité opprimée, tout groupe maquisard_dicsident, toute communauté religieuse, tout organe avant-garde, --] de se maintenir en dehors du monde [-- de son rythme, de ses péjugés, de ses principes d'équivalence et d'évaluation, --] pour exister sans être opprimé ou intégré. Les Raves_party autant que les Safe_zones-- sont des stratégies d'occupations temporaires-- des ruses de rupture-- permettant de mobiliser des forces-- et d'expérimenter des modalités d'existance autrement contraintes. Des Zones d'autonomie plus ou moins temporaires-- qui dans ces deux exemples sont de natures différentes-- mais réponde à un même besoin de produire des espaces protégés, dans le but de produire-- des savoirs, des affectes, des logiciels d'attaque et de défense ou encore d'assouvir et découvrir des besoins dans un régime édoniste-- permétant à l'individu libéral_libertaire-- de s'épanouire, de jouir de son existance sans entrave, celon des règles nouvelles instaurées dans un temps donné par une communauté d'amis proches, dans un espace/temps_milieu propice, auto-médiatisé, auto-géré. J'ai voulu penser les zones d'ombres, les parties immérgées de l'iceberg d'Internet, avec cette hypothèse que le cerveau monde*, cette immense bibliothèque qu'est Internet (et autres extra_intra-nets), aussi pour penser ce que ce tout_extérieur, ce tout_accessible, produit sur nous, nos intériorités, nos psychés. Aussi, milieux de l'exposition de tout_et_son_contraire, se pose aussi pour moi la question de savoir comment les arts contre-culturels, milieux de l'expression de pratiques minoritaires ou interdites, se voit transformé dans l'expression du scandaleux, du hors-norme. Comment aussi bien dans un espace d'exposition semi-public, exposer l'outrage ? La démesure ? La folie ?-- sans seulement redoubler ce que la liberté d'expression d'Internet-- permet encore, cette capacité à faire réagir, à suciter de l'opposition, de la sympathie. Comment, en outre exposer et s'exposer sans sois-même être atteint(e) ? Comment, si ce n'est en utilisant des protocoles de mise en garde, de séparation, de confinement, se tenir à bonne distance de ce qui me manipule quand bien même je ne me présent pas sujet à son action ? Comment toujours diférencier de l'expérience du savoir de celle du véccu ? Comment légitimer une recherche ou questionnement sur un sujet tabou, comment toujours réafirmer que comprendre-- n'est pas addérer ou soutenir ? Comment faire cette pédagogie d'une pérméabilité à l'autre où le jugement préventif est contre-productif ? Comment s'ouvrir à l'adversité et ainsi apprendre à aimer ? En réfléchissant les notions de seuil (sensibilité, trouble social, distance_proxemie), de libertés individuelles et collectives face à la justice et aux justices (principes d'autorité) le sujet des darknets m'a amené à penser plusieures formes radicales d'anarchisme. Le crypto-anarchisme dont on connait les valeurs-- – portées vers une horizontalité de gouvernementailité (PZP, F2F, P3P), – de neutralité dans le transport des informations en réseau, – les monnaies numériques décentralisées (bitcoins, alt-coins, smart-contracts), – l'anonymat et le respect de la vie privée numérique des individus dont le droit à l'oubli --côtoient sur les darknets (en imaginaire du moins) les libertariens d'un libéralisme éfreinné donnant plein pouvoir aux individus. Aussi ces réseaux_logiciels_protocoles tendent chacun à inventer le web et l'internet 3.0 voire 4.0 alors que d'autres tendent d'imaginer des espaces hors de toute connectivité au profit d'un autre relationel au temps et à l'information du monde. D'autres intra-nets sont possibles, d'autres pirates box et zonnes blanches, maquis ou underground distants une bonne fois pour toutes des surveillances et contrôles sur les individus. Ce que font les artistes avec ces outils numériques novateurs, qu'on les appelle darknets ou réseaux cryptés, renseigne sur notre perception collective de ces objets relationels et la façon dont ils créent des contres pouvoirs. Ces œuvres mises en lien au sein d'un corpus offrent un support reflexif et introductif à des notions d'informatiques fondamentales. Elles m'ont aidé à moi-même comprendre l'urgence d'une contre-offenssive au capitalisme de la surveillance. Elles m'ont permis de découvrir un folklore numérique contemporain, nouris de mythes, de fausses informations, de rumeurs, de mèmes populaires, où se mêle volontier dans l'anonymat de réputation les thèses conspirationistes à une certaine métaphysique esothérique qui trouve dans ces espaces en creux une certaine crédibilité fictionnelle pour s'exprimer contre notre monde scientiste, cartésien, sérieux. Ces espaces qui échappent aux regards et à l'indexation entretiennent dans la peur d'une infocalypse par laquelle l'abscence d'origine, de filliation, et donc de résolution d'enquête mêne inéluctablement au cahos-- avec cette thèse terrible que l'homme est un loup pour l'homme, d'où découle la nécessité d'organes directeurs monopolisant les pouvoirs pour maintenir l'ordre. Exposer ces mondes d'ombres, ces parties immergées de l'iceberg, ces amas de données et dark-datas, proccède d'une volonté exploratoire, curieuse, dans laquelle le sentiment de lointain en réseau est augmenté. Pour atteindre les DNS occultes, les webs autrements innaccessibles les darknets complexifient la façon dont nos ordinateurs --clients_serveurs se répondent, se joignent, tout en métant à distance un tiers observant. Les connexions sont encapsulées, couches par couches, les ntermédiaires brouillent l'identité réelle d'un ordinateur en interchangeant succesivement son identité d'origine, les données sont cryptées... Ces résaeux mettent à distance, protègent leurs usagers d'une possible intrusion, d'un certain type d'enquête en cours ou à venir et donnent du pouvoir d'agir contre un adversaire sans pour autant s'y confronter et jouer sa vie contre lui. Ces outils servent à des criminels autant qu'à des citoyens nés dans des pays où liberté d'expression est baffouée, à des pédophiles, à des entrepreuneurs, des chefs d'état qui tendent à garder un pouvoir stratégique par le secret. S'interesser aux moyens de l'art du secret, à la cryptographie, c'est aussi penser par ces outils la radicalité de la propriété comme fondemant dans un monde de prédation. Ces outils sont ad-hoc à ce monde. Ils répondent à des impératifs de survie au sein d'un système concurentiel.