( ‚óé Ao√Ľt 2020 -- en relecture )

En partant de mes besoins physiologiques sociaux, j'ai ici d√©velopp√© ma pens√© autour de la pratique artiste . Ma r√©flexion porte sur les nefs des fous, sur comment des populations sont austrasis√©es, refoul√©es hors des espaces public-politique. Comment la censure s'op√®re contre les id√©es d√©viantes, tirant trop sur l'ellastique des convention ou op√©rant hors de la fen√™tre d'Overton. Je me rends compte que je suis m√Ľ d'empathie pour les monstres, les criminalis√©.e.s, la marginalit√© des discours dont le r√©gime de production est plus celui du sens plut√īt que de la v√©rit√©. Ces discours m√©taphysiques nous endoctrinent au m√™me titre que l'esprit du capitalisme qui investi nos imaginaires de fa√ßon totalitaire, rendant les motivations sociales secondaires √† celle de de la culture √©conomique qui fait dicter ses lois (sur les humains par nature √©conomique, pris dans ce r√©seau d'influence informationel qu'est l'argent). Dans la trame principale du texte je rassemble des ressources √©parses autour des anarchismes. De ma compr√©hension sur leurs division entre individualisme et socialismes. C'est aspirations contradictoire justifient les m√©taphysiques des divers lib√©ralismes... leurs disensus cr√©e d'autres branches libertaires et libertariennes. De ces deux ci, il est couramment r√©f√©rence quant il s'agit de comprendre les r√©seaux isol√©s ou parrall√®les de ceux officiels et administr√©s. Quelles gouvernances op√®rent sur les individus et o√Ļ s'arr√™te les lois de la cit√© ? Je m'achemine dans le deuil d'un certain esth√©tisme libertaire qui reposait sur l'id√©al d'une flexibilit√© comme ruse allant contre la rigidit√© des √Čtats-entreprises. La Critique Artiste est pleinement compatible et int√©gr√©e aujourd'hui par les lib√©ralismes successifs. En d√©finitive je n'ai aucun moyen de r√©pondre √† ces enjeux macro-politique. En revanche, mon propos tend en faveur et en croyance en des usages technologique d'encapacitatation. La croyance en la technologie comme moyen r√©parateur. Plut√īt que de ne voir dans l'art que le marqueur d'une bourgeoisie intellectuelle, j'y trouve {aussi} des moyens unique d'intelligencer nos mondes, d'y opposer autant de contre v√©rit√©s qu'il faut pour brouiller les pistes, donner √† penser. Le deuil que je porte est celui de mon adolecence. Un h√©ritage tout occup√© √† une problematisation du monde par un filtre politique. J'en perdais je crois, le plaisir de vivre selon d'autres fictions, d'autres qualit√©s sensibles qui font l'√©conomie apparente du mental, qui habitent autrement l'√©tranget√© curieuse des mondes humains en diciplines s√©par√©s.

Je fais aussi part de ce que j'ai cru retrouver d'un certain ésoterisme et de ce sentiment d'arriver en Croatan ( CROATOAN ), d'être seul, non soumis à un convivialité d'office, en pleine capacité d'utopie, de bifurcation. Ces moments de total et illimité liberté, de folie aussi, de transgression de levé temporaire des contraintes extérieurs. Un espace qui est nécessaire pour l'indépendance de la pensée qui doit sans scesse oeuvrer à la virtualité , à l'invention temporaire de nouvelles hypothèses de vie. Comment vivre une /vie bonne/ ? La /vie bonne/ revient comme principe de recherche dans bien des discours anarchistes. Je me demande si ce ne serait pas un concept à part entière... peut être sous la plume d'une autrice, d'un auteur, d'un collectif, d'une source qui ne se nomme même pas, anonyme qui se cache, efface ses traces, voudrait qu'on l'oubli, qu'elle devienne tout le monde. ...

Je voudrais croire en certain don chez moi, une certaine qualit√© sensible, que je trouve {trop} d√©velopp√©e. On appelle √ßa empathie souvent. C'est un gros mot. Ielles m'ont vraiment fait croire que j'avais des pouvoirs, une certaine qualit√© d'√™tre, hors normes. De ces pens√©es il faut que je me d√©fasse -- pour mieux me les r√©approprier, faire la part des choses. Mais oui, j'ai le syndrome du sauveur, je voudrais prendre soin des oprim√©¬∑e¬∑s comprendre les m√©canismes de violence √† l'Ňďuvre, leurs modalit√©s culturelles de justification, leurs discours homog√®nes et implicites, ambiants, leur valitidit√© historique. Comprendre dans quel monde je vis. Comment les croyances nous rendent b√™te, banalement mauvais, m√©chants ( sans distinction de race, de sexe ). Comment ces violences s'instituent, permettent une coh√©sion sociale -- qui toujours s'exprime dans les limites, dans ce qu'elles ne sont pas, dans l'implicite, dans le non-dit. Des forces donn√©s aux dominants, √† quiconque veut du pouvoir sur. √Ä ceux et celles et les autres -- qui, aussi, ont besoin de la violence. Besoin pour survivre, pour se faire entendre, pour mener des luttes qui sans √ßa n'ont pas prise. La violence est un mot trop relatif, comme celui de la croyance, croire en quoi, comment, pourquoi ? Mais oui, cette envie d'√™tre du c√īt√© de ceux-celles que l'on accuse et qui subissent toujours la d√©aprobation de la majorit√©. De ces groupes qui ont besoin de cette dif√©rence, d'√™tre minorit√© pour la justifier. Envie de les comprendre sans les excuser. Peut-√™tre tendre la main ? Faire ce que je pr√©tends le mieux faire, me mettre √† la place de. Envie de comprendre ce qui √† leur place m'aurait fait agir de la sorte. Comprendre avec le suspend du jugement. Avec cette id√©e que les monstres m√©ritent d'√™tre √©cout√©s voire entendus. Qu'ils et ielles manquent parfois d'espace socialement respecteux. D'√ģlots n√©cessaires pour trouver de l'aide au besoin ; sortir de la censure et de se savoir banis, sans espace public pour exister, n'aide pas √† s'√©menciper de ce qui nous est interdit-reproch√©. ‚ÄĘ L'id√©e sous-jascente est que certaine attrocit√©s -- peuvent √™tre √©vit√©s si les individus √† risque sont entour√©s, que l'isolation et les stigmatisations n'aident en rien. Qu'elles sont le signe d'une incpacit√© sociale crillante. Un d√©saveux du contrat social. ‚ÄĘ L'id√©e que leurs disfonctionements, leurs manques, disent quelque chose des limites sociales contemporaines. Et qu'elles ont besoin de ces classifications claires, de distinguer la noirceur de l'√™tre dans des cas cliniques embl√™matiques, d'en faire des monstres dantesques, criminalis√©s d'office, vou√©s √† la derni√®re couche des enfers. Des figures qui ne soient jamais dans le banal, dans nos petites coquilles √† nous, dans le plus proche de nos incompl√©tudes. Pour moi, nos soci√©t√©s tendent m√©caniquement √† l'exclusion. Une exclusion par les normes qui permettent de valider l'acc√®s. Une exclusion de classe ou de status socio-culturels. Une soci√©t√© morcel√©e entre des bulles de semblables, de tribus plus o√Ļ moins perm√©ables. Elles se coupent des comportements √† risque ou atypiques. Elles pr√©f√®rent les tabous, les silences. En plus d'une tendance √† me penser gu√©risseur -- c'est le sentiment de mon propre d√©calage -- que je cherche √† comprendre. Un certain esth√©tisme du care, une certaine aversion pour les violences les plus annodines. Une incompr√©hension des comportements de meute-groupe ligu√©s contre un seul une seule individu¬∑e d√®s lors austracis√©¬∑e. La question de savoir quoi faire-dire-agir quand on est seul¬∑e. Le souvenir √† l'enfance, dans un milieu sectaire-marginal, de proffesseurs-institutions d√©faillantes -- dans leur r√īle de surveillance et de prot√©ction. En reste la question de savoir d√®s lors, quand un organe disfonctionne et qu'il fait loi, qu'il est l√©gitim√©, de savoir comment le coursircuiter. Comment faire tomber un √Čtat-entreprise qui vous nourri ? Aller vers l'autre, limiter au mieux la n√©gation de son discours, garder en suspens la place de s'√©tendre, d'exister dans son propos, c'est une m√©thodologie-p√©dagogie que je retrouve dans Aimer s'apprend aussi [ { S√©bastien Charbonnier }, Aimer s'apprend aussi. M√©ditations spinoziennes, Paris, Vrin, coll. ¬ę Pratiques philosophiques ¬Ľ ], celle d'une strat√©gie d'√©coute de ceulles √† qui l'autorit√© nie ou obstrue l'espace public-m√©diatique. Une m√©thode qui tend √† aider l'expression de l'√©nemi d√©clar√© en l'aidant √† formuler ses besoins, mais surtout √† clarifier ce qui pourrait nous mettre en conflit, en differant. Une approche d'√©coute et de compr√©hension de ce sur quoi nous pr√©sumons ou jugeons. Une tol√©rance et curiosit√© pour les contres-cultures √† la mienne une recherche d'une certaine corruption, d'une √©prouvation, d'un mouvement de la pens√©e qui n'est pas le mien et qui, potentiellement peut la contrarier. La main tendue. Au plus proche de ses √©nemies. Au plus proche de leur id√©ologie. ==> Recherches de modalit√©s maieutiques ==> Une recherche de libert√© d'expression aillant un s√©rieux, une fa√ßon de procc√©der pour dire le vrai √† √™tre faibrile dans ce sentiment qui seul ne suffit pas et qu'il faudra v√©rifier. ==> C'est le plaisir du doute, de l'auto-critique complexe. Appliqu√©e en soi, √† mes int√©riorit√©s, mes parts inconscientes, mes mensonges internes, mes croyances, autant que celles de l'Autre ( autre √† lui_elle m√™me manŇďuvrant avec ses fictions et sa propre division ). Si pour un temps on l'√©coutait le fou, sa nature, son origine, ce qu'iel nous dit de Nous. L'inqui√©tante banalit√© ou cette √©tranget√© ni√©e de s'ignorer √† elle-m√™me. La banalit√© du mal, de ce qui n'est de mal que d'un point de vu ext√©rieur. Comprendre ce et par quoi nos soci√©t√©s criminalisent, conventionnent, statuent et consensuent. [ je pense aux recherches de { Norbert Ellias } La Civilisation des moeurs + { Michel Foucault } Surveiller et punnir + { Emmanuel Kant } Critique de la facult√© de juger ] Le jugement du beau et de la b√™tise. La haute et sous Culture. Ce qui fait que des activit√©s doivent r√©ster cach√©es, refoul√©es, peu exprim√©es, quand d'autres, historiquement majoritaires, s'imposent comme respectables. J'y opposerais une Culture de masse, industrialisant des principes √©pouv√©s. Un ab√™tissement g√©n√©ralisable ( qui n'est pas du fait de ceulles qu'on y expose ) Comprendre le fondement des normes sociales ( du fait aussi d'en avoir √©t√© coup√© d'avoir √©volu√© dans un milieu autonome culturellement, se pensant en marge et contrari√© du monde ext√©rieur ). Un Darknet, avec ses propres valeurs d'√©change ? Son propre cryptolangage, sa fa√ßon de combler les vides, d'expliquer les ph√©nom√®nes humains, les mondes du vivant comme du tr√®s grand ? Un monde de mythologies, un monde de cosmogonies, d'innombrabres commencements, aux origines incertaines, apprises sans distinction -- car aux enfants on raconte des histoires, on les plonge dans ce bain r√©confortant, o√Ļ tout peut √™tre li√©, seul compte l'imagination. Il s'agissait de s'emparer de ces images, de croire et de se sentir croyant¬∑e. On apprend √† se faire peur, on apprend √† percevoir la magie l√† o√Ļ elle est. Il n'y a en d√©finitive que des cultures mineures, produites selon leurs propres r√©gime de v√©rit√©, propre aux diciplines qui les consolident. Les artistes, en faisant feu de tout bois, donnent acc√®s aux cultures normalement r√©serv√©es -- √† des domaines sp√©cifiques. Ielles donnent acc√®s √† des sous-r√©seaux ( plus ou moins cryptiques mais aux gouvernances propres ). Ielles, de par leur ext√©riorit√© √† ces ensembles, les interpr√™tent, transgressent leurs habitus, leurs modalit√©s d'existance et de reproduction. Pour moi, √™tre au plus proche de ce qui fait les normes, n√©cessite de s'int√©resser et lutter contre les plateformes num√©riques -- qui captent en sillos de donn√©es la moindre de nos perceptions, nos origines sociales et culturelles, usent de nos biais cognitifs, abusent de notre attention ( au mieux pour nous vendre le bon produit vaisselle auquel on correspond ). Deri√®re ces personalisations algorythm√©s se cachent -- des gouvernementalit√©s larv√©es, un climat d√©l√©taire o√Ļ le vrai se fait toujours spectacle. Des appareillages de contr√īle et de consentement aux dogmes de saison, des modes et des agendas politiques. Aussi je ressens le besoin, comme beaucoup d'autres, d'habiter espaces moins balis√©s, des terrains vague hors des bulles et des filtres, propices √† l'exp√©rimentation, √† d'autres modalit√©s de convivialit√©. √Ä autre chose aussi, que la convivialit√©. Peut-√™tre la r√©solution d'un conflit interne ici aussi. Que faire de mon insociable sociabilit√© ?, de ce degr√© d'anxi√©t√© d√®s lors qu'il y a trop de mondes, trop de bruit, d'informations ( que le signal est trop fort et que je me sens vid√© ) ? De ma pr√©f√©rence pour le retrait, les espaces calme et l'introspection ? De ce r√©gime sp√©cifique minoritaire dans les sociabilit√©s festives. Besoin de maquis ou d'espaces ignor√©s. Envie d'√™tre confront√© √† des cas limites, des dilemes moraux √† des reconstitutions de normes qui sont pr√©misses de nos comportements reproductibles. Des situation de doute qui confrontent, qui poussent √† se regarder dedans. ----

Essentialis√©s, les DN sont des protocoles d'utopie, de retrait, de retenue dans laquelle ce qui manque au chercheur-artiste pourrait bien exister. Un grenier de ce qui reste √† d√©couvrir, de ce qui n'a √©t√© fait et ne pourrait l'√™tre. Pour moi, cette image d'un plan inf√©rieur, d'une cave aux p√©pites que l'on puisse extraire, fantasme un certain type de recherche exploratoire, celui de la s√©rendipit√© qu'on associe volontier au web. Faire recherche sur les parties qui manquent, sur ce qui n'est expos√© par contrainte, ce que nos soci√©t√©s refoulent ou n'ont pas trouv√©, c'est faire aussi une recherche sur ce que c'est que la recherche en tant que que pratique d'ins√©paration, de d√©couvrement successsif ( onionologie ). Et ces gisements sont un √©ldorado pour les entreprises des datas ( d'autant plus invesiguant dans le deepweb, √† la recherche de mod√®les structurant des donn√©es non exploitables ). Des entreprises qui vendent de l'attention et du cerveau disponible. Faire une recherche √† partir des mythologies contemporaines de la perte, ne signifie pas que les artistes chercheurs y trouvent encore quelquechose. Ces environements sont versatiles, disparaissent au fil du temps. Et il y a ce sentiment d'un d√©litement, d'un archivage qui manque de ces cr√©ations originales ( techniquement et plastiquement ). ==> Ces espaces sont la manifestation d'autres modalit√©s d'existance technique, des laboratoires ambrillonaires d'une innovation marginale. Pour autant leurs m√©canismes sont largement √©tudi√©s et comment√©s. L'orignalit√© de mon projet est de vouloir les pens√©s par le billai des Cultures artistiques. De voir si les artistes y cultivent l'usurpation, l'outrage, l'ing√©niosit√©, la contrefa√ßon (...) selon une tradition de la confrontation limite avec la soci√©t√© qui les h√©berge. Et de savoir-penser, quelle originalit√© nous trouvons dans ces rapports de force. J'ai aussi envie de me demander quel sont leur apport socio-√©motionel ? Que produisent ces Ňďuvres-installations ? Qu'empreintent elles √† l'art de la r√©volte ? Quelle sont leur part d'esth√©tisation du politique ? Quelles r√©apropriations des pratiques de Hacking √† leur compte ? Et ainsi, qu'offrent elle comme support pour faire comprendre ces outils-moyens ( √† des publics non experts ou amateurs ), quelle m√©diation p√©dagogique ? ( C'est l√† plus la question du glanage artiste, du r√©usage-r√©enacment ) Ce qui fait sens alors c'est n√©cessairement le corpus, l'agencement des parties entre elles, leur mise en intelligence, leur commentaire et critique. L'un de mes enjeux serait de mettre en place des proto-Ňďuvres_outils dont la conffection m'aiderait √† trouver des implicites, √† tirer des hypoth√®ses qui passent aussi par la confrontation avec le carburateur, ( le fait d'√©prouver par la faisabilit√© technique-artisanale ). Il ya une epist√©mologie sp√©cifique au tatonement technique. Un darknet s'il est pris comme le lieu hypoth√©tique de tous les possibles illimit√©s, celui de la retenue de toute option ( avant leur controverse ) ( Plus tard, la d√©finition de trangression m'est tomb√© dussus ) La transgression ne s'oppose pas √† une limite mais elle franchit toutes les limites dans leur principe, c'est-√†-dire qu'elle affirme la possibilit√© de vivre illimit√©. Un Darknet, en tant que qu'ext√©riorit√© autonome, offre un temps court qui peut sembler infini, un pli √©clairant, une retenue du fil de la pens√©e sur une subversion, une bifurcation temporaire que je retiens alors que dans d'autres contextes j'aurais laiss√© fil√©. Mais, l√†, je la retiens dans mon d√©vellopement de la pens√©e. √Ä ce moment de brain storming ( feu de tout bois ) le r√©sultat n'est pas entremis par des n√©cessit√©s techniques, temporairement les CGU m'appartiennent, toutes les hypoth√®ses sont bonnes. La force, ensuite, c'est de faire le tri et de mener √† bien. De ne pas garder √†-en soi, de donner les formes. √Ä l'√©tat de d√©vellopement √©tait le verbe. Sans design, sans m√©dia, sans objet, sans √©v√®nement, sans parraitre, rien n'existe dans ce monde. Donner-prendre forme pr√©domine nos existances. Si bien qu'aux couches de l'oignon on pr√©f√®re la premi√®re.

Celle qui pr√©figure les autres. Je pense que c'est √ßa qui fait que je cours le collectif, les effacements volontaires, les sorosit√©s et fraternit√©s humbles. Les anonymes qui Ňďuvrent, les petites mains, tout ce qui pourrait m'√©loigner de la lumi√®re. C'est mon introversion qui parle. C'est de l√† o√Ļ je me sens bien. Se confronter, finir, clore, imposer, √™tre, ne m'est pas si facile. Il s'agit de resentir les fronti√®res d'une dicipline, d'en comprendree l'elasticit√© normative, de faire avec ou d'inventer une doctrine novatrice. Ensuite viennent des probl√©matiques plastiques, de mise en mat√©rialit√©, de production : de sortir √† lumi√®re. √Ä mon sens, le moment de la cr√©ation, tient en lui du peut-√™tre, du d√©fit de faire tenir ce paris, de tordre les forces qui normalement s'opposent ou flatent ce mouvement. Pour √™tre artiste il faut savoir d√©sob√©√Įr, il y a un degr√© artiste, un degr√© d'ingouvernementalit√©. Et il ne s'agit pas d'anarchisme ou d'une tabularasa permanente, d√©faisant les Cultures qui ont pr√©c√©d√© ce geste. Rien ne part de zerro L'anarchie ( dans le sens d'√™tre essentielement une perte de source, comme dissolution de l'origine ) est semblable √† la perte infinie du p√©nulti√®me en onionologie ( dans un d√©couvrement-renouvellement perp√©tuel de production de savoirs-connaissances ). La perte d'origine et de destination, ( de la naissance et de la mort ou de toute rupture-bifurcation ) ce qui me pr√©c√®de culturellement et fait ce que je suis dans le monde o√Ļ je suis na√ģt, cet al√©atoire primordial, est central dans ma recherche de sens. Un questionnement m√©taphysique, de saisir comment tout cela est construit, reproduit perp√©tuellement, industrialement. Et de se demander o√Ļ et comment s'expriment les ‚Ķ‚Ķsubaltens-alt-contre cultures. Quels sont leurs cannaux de propagation, leurs modalit√©s d'existance ( tant elles peuvent √™tre r√©prim√©es ou ni√©es ) Quelles sont les modalit√©s d'√©mergence d'un courant de pens√© sectaire ? D'un pragmatisme moral qui justifie tel modalit√© de violence plut√īt qu'une autre ? ( Je pense ici au n√©o-lib√©ralisme comme doctrine naturalis√©e ) Une fois encore la question qui m'occupe est celles des normalit√©s, de la banalit√© des rapports d'oppression, de ce qui, par exemple, fait que le rire est une arme contre-sur un Autre. Quelles modalit√©s dans l'√©mergence d'une coutume, d'un habitus ? Quelle propagation d'un programme plut√īt qu'un autre ? Je pense que ce que j'y r√®gle personnellement c'est la comprh√©ension de ma propre empathie, de ma tol√©rance *trop* grande pour ce qui s'est constitu√© autrement que moi. Une recherche de compr√©hension envers la violence √©go√Įste, les r√©cits de soi triomphant sur l'Autre, les moteurs inconscients qui font pr√©f√©rer le mensonge √† soi-m√™me plut√īt que la d√©couverte d'un sens profond parfois moins reluisant. Une philosophie du doute introspectif, parfois parano√Įaque ( comme modalit√© de cr√©ation d'hypoth√®se sur moi ). Une certaine "int√©riorit√©" id√©alis√©e qui fait aussi ce que je suis, ma r√©verie, mon manque de synth√®se, mon d√©sir du d√©tail, mon perfectionisme qui s'ignore. Et peut-√™tre une certaine autonomie voire une pens√©e artiste-philosophe. ( Artiste c'est une figure d'entrepreur qui √©chappe √† la n√©cessit√© d'un r√©gime sp√©cifique √† une seul dicipline √† laquel il d√©vie ses modalit√©s normales de reproduction ( je crois √† une interdiciplinarit√© artistique ) ) Rien ne part de zerro L'entrepreneur artiste multiplira les prototypes, √©value en projet la qualit√© de ses intuitions, les moyens humains qu'ielle devra mettre en Ňďuvre pour parvenir. Ielle peut √™tre la figure parfaite d'un anraco-individualisme, celui d'un self-made-something qui par ses moteurs √©go√Įstes, sa r√©ussite et ses d√©sirs, profite √† la soci√©t√©. La cr√©ation contemporaine artistique, ( celle de mon pr√©c√©dent corpus ) est celle d'un artiste souvent technicien qui travestisstis-tord-contrefait, un usage norm√© qu'il d√©vie au moins de son milieu d'origine. Un art de la citation, de l'emphase, du r√©usage. C'est comme si j'avais fait des arts une pratique humouristique, m'en d√©faisant peu √† peu, n'y voyant souvent que des √©chos entre eux, une certaine intelligence √† manipuler les jeux de r√©f√©rences. Une cr√©ation dont justement le commentaire, la critique et r√©tro-ing√©nrie du sens permet mieux l'√©vocation, la formulation th√©orique d'hypoth√®ses sur ce que cet art pr√©tend faire. ‚Ķ‚ĶSur ce qui est √† l'Ňďuvre. Sur ce qu'elle dit et sa fa√ßon de le faire. Selon quelles modalit√©s de discours novateurs que leur m√©dium permet. En cela, les modalit√©s d'exposition classique peuvent offrir des espaces d√©di√©s n√©cessaires √† leur accessibilit√©. Et plus les arts quittent les lieux clos plus, √† priori, peuvent ils pr√©tendre √† s'√©menciper de normes d√©monstratives. √Ä maintenir la religion artistique, ses codes, ses moyens, ses raisons d'exister et de se reproduire. C'est le principe d'un art de s'auto-renouveller en ouvrant √† d'autres arts, d'autres environements technico-perceptifs, d'autes modalit√©s d'existance et d'√™tre, d'autres pratiques actualis√©es. Les arts sont ce qui manque √† des formes de discours univoques, ceux sont des pratique de complexification, de brouillage ouvert. Une inqui√©tante instabilit√©, une polyvocit√©-virtualit√©, qu'on retrouve dans les fictions ou les discours pseudo-scientifiques qui toujours s'adaptent, dont la plasticit√© permet de se red√©ifiir √† l'infini. C'est une critique que je peux porter √† l'encontre des gouvernementalit√©s algorithmiques auquelles il est tr√®s dur d'opposer une controcerse ( de par la complexit√© et l'obfuscation qui r√©servent ces champs √† des expert¬∑e¬∑s initi√©¬∑e¬∑s ). tendencieux, subverssifs. ‚Ķ‚Ķ√Ä l'encontre de ce que d'y √™tre expos√©¬∑e rend manipulable. ‚Ķ‚Ķ√Ä l'encontre de ces moyens de repr√©sentation inductive du monde. ‚Ķ‚Ķ√Ä l'encontre des transgressions malfaisantes qui ne s'affichent pas. √ätre expos√©¬∑e √† des id√©ologies mensong√®res, √† un endoctrinement -- reste un proccessus lent, d'accomodation, de successives acceptations √† un syt√®me de pens√©es qui nie ou cache ses corr√©l√®res, induit une reflexion sous-jascente, qui ne demande qu'√† germer, √† d√©couler comme d'elle-m√™me, dans une spontan√©it√© qui n'en est pas une ( mais qui me fait croire qu'elle l'est, que ce bout de logiciel m'appartient ). La trangression des normes, leur d√©construction syst√©matique ( dans un syst√®me de pens√©e clos, toujours changeant, inexacte, se perfectionnant ) rend parano√Įaque, pousse √† l'angoisse existentielle, √† la sur interpr√©tation, aux billais de confirmation. Sorti de ces milieux clos, il manque une raison d'√™tre et d'agir ( dans ce reste du monde qui manque de sens, de spiritualit√©, de croyance ). La rupture elle est vennu du moment o√Ļ je n'ai plus voulu croire. √ätre expos√©¬∑e √† une permanente r√©interpr√©tation de tout, rendre tout possible est son contraire, place dans un cahos mental, une d√©construction de soi. Une telle pens√©e ne distingue plus la qualit√© du vrai, habutue √† une √©quivalence entre r√©el et fiction. Cette √©conomie de la charge de la preuve ( de ceux et celles qui colportent mensonges ou r√©cits ) a pour cons√©quence positive de faire croire en soi, √† ses intuissions plut√īt qu'√† la critique-doute. Les croyants relient les signaux positifs -- qui coroborent leur croyance et, le cas √©ch√©ant, complexifient leurs th√©ories, leurs syst√®mes de repr√©sentation pour faire coller leur th√©orie. C'est une pratique d'obfuscation, de bruit. Elle prend plusieurs formes. Par exemple, en m√™lant les sources entre elles, ou les faits r√©els et des mythes, ces pens√©es brouillent les limites entre factuel et onirique. En pillant d'autres Cultures, en s'arrogeant l'origine des choses, en r√©crivant les histoires, elles produisent un r√©cit harmonieux √† leur service. Face √† toute r√©futation, l'oralit√© aide √† la correction, √† l'adaptation face aux critiques. ‚Ķ On comprend ainsi la n√©cessit√© d'une loi scientifique, de contenir des moyens de sa r√©futation. Il faut pour une certaine volont√© de v√©rit√©. Croire pour de mauvaises raisons, croire √† de fausses v√©rit√©s, remet en jeu, en doute, le bien fond√© d'autres normes, d'autres limites culuturelles √©tablies. Mais l'on ne croit pas tout d'un coup. L'on adh√®re aux codes et acc√®s successivement. On apprend √† suspendre ses doutes et √† √©couter. √Ä se laisser porter, √† avoir confiance. Je crois que cela retir des d√©fences n√©cessaires. Ailleurs indispensables. Et encore cette id√©e t√©rrible, inexacte, que lale manipul√©¬∑e consent √† l'√™tre.

LeLa manipulant¬∑e est alors √† m√™me de faire valoir ce qu'ielle veut. Ce qui est hors norme et transgressif ailleurs, pris depuis un autre r√©f√©rentiel, est rendu possible car, ici, on ne joue pas avec les m√™mes r√®gles. Ce climat est d√©l√©taire car il habitue √† faire valoir le mensonge, il valorise la transgression comme modalit√© d'individuation. Pour moi il y a une accomodation √† l'irrationel, et une croyance peut menner √† une autre, comme une pente glissante. [ Je pense au "Mod√®le du fromage suisse" d√©velopp√© par { Dante Orlandella } + { James T. Reason } en ~1980 wiki. Des failles succ√®ssives dans un protocole, une vie, fragilisent l'individu ou l'objet sur sa chaine de contr√īle-production. Utiliser en management du risque, il dit que la responsabilit√© est partag√©e, horizontale, On retrouve cette sch√©matisation en pr√©vention des drogues, une consommation en incitant une autre ( th√©orie d√©montr√©e comme fausse depuis* ) ] Un individu qui perp√©tue le mensonge, qui accompagne ce gest collectif, qui colporte la rumeure, qui ne contredit la th√®se, est malgr√© lui-elle complice. Le principe de mim√©tisme, de conformit√© sociale, le capital social, les c√©l√©brations, encouragent √† la participation, √† maintenir le statu quo. Le d√©voument de celui-celle qui est cr√©dule, qui veut croire, est souvent r√©compens√©. En astrologie comme dans bien des pseudo-sciences, le degr√© de complexit√© des syst√®mes mis en place, les rendent extr√©mement permissifs, tol√©rant √† la cr√©ativit√©, aux r√©visions, et √† la recherche d'explications ( quand il en manque ). Des /quickfix/ et des /patchs/ en cas de crise, de doute, de dissonance cognitive. Ces activit√©s de la pens√©e sont f√©condes ( en interne au syst√®me qui les produit ). Elles offrent aux personnes qui pensent trop -- un bac √† sable id√©al dans le quel se perdre. La fiction, les r√™veries, toute activit√© intellectuelle, se trouve satisfaite par une religion ouverte, tendant √† mieux comprendre, en "profondeur, par des liens de cosalit√© cach√©s, non per√ßus par d'autres. L'id√©e c'est que j'ai un don, que je suis unique gr√Ęce √† l'exposition au savoir. L'intiateur-initiatrice sert de point d'acc√®s. Il ou elle me donne acc√®s √† l'occulte. C'est aussi la pens√©e de l'enfant {inqui√®te-inquiet} -- que de chercher des issues, de vouloir comprendre ( surtout quand les adultes manquent de r√©ponses ). Pour sortir de ces syst√®mes qui s'auto-valident, qui se nourrissent de leurs propres origines, il faut savoir sortir, retrouver ses sens. Accepter aussi qu'on s'est fait avoir-manipul√© -- ( et qu'on √©tait consentent¬∑e sans que de r√©elles alternatives nous aient √©t√© propos√©es ). [‚ÄĘ Si tu ne trouve pas, crois plus fort. [‚ÄĘ Si tu ne trouve pas, ceuse encore. ( Cela marche d'autant bien si chaque action, chaque objet, chaque design, contient en lui son discours ( dark pattern__g ) qu'il est animis√©, qu'il contient en sa forme un sens cach√©, sa m√©taphysique ). Chaque doute dans une croyance est une bifurcation. L'occasion {ou non} de l'√©prouver. R√©futer ou inventer autre chose ( que l'esprit majoritaire des choses ) demande une certaine force de caract√®re, une confiance en soi. Renier, r√©futer un dogme, r√©clame de pouvoir payer le co√Ľt de l'isolation sociale. √ätre minoritaire, pathologique ou fou, d√©vier de la norme a toujours un co√Ľt social. Les mŇďurses et habitudes internes aux soci√©t√©s -- sont des conventions, des objets d'acceptations successives, culturellement actualis√©es, rejou√©es, reproduites ( de fa√ßon √† se reproduire ). Elles sont le fruit d'histoires et de croyances ( que les diciplines tentent de v√©rifier, d'actualiser au regard de l'√©tat de leur art ). Les alternatives aux normes sociales contemporaines, ont besoin de r√©seaux alternatifs, de maquis, de terrains vagues, de publics amis pour s'√©tendre, construire et consolider leur th√©orie-pratique. Je pense ici aux Cultures /subalternes/, allant contre la Culture h√©g√©nonique [ cf. { Antonio Gramsci } ]. Des endroits qui d√©construisent, tendent √† d√©valuer l'√©tat des choses, √† remplacer cette valeur. D'autres r√©cits auxquels adh√©rer... dans un monde qui mutliplie les r√©cits de soi. Certaines Cultures-objets ont le pouvoir, de par leur disruption avec l'actuel, de tordre ce qui √©tait, d'apporter le [Cahos onthologique #TAZ], de dissoudre les fondements sociaux -- qui les avaient pr√©c√©d√©s. Les Crypto-monaies, l'uberisation, et peut-√™tre tout objets -- dans les Mythologies de { R.Barthes } et Mythophonies de -- { C.de Toledo + D.Quessade } disent ces boulverssements esth√©tiques, politiques, de design. Les degr√©s varient. Les cryptomonnaies pourraient -- toutes enti√®res modifier la valeur ( th√®se de { Mark Alizart } dans Cryptocommunisme, 2019 ) boulverser les rapports de pouvoir sur, de r√©partition de l'√©nergie, les march√©s du travail. Notre rapport au temps... Mais les technologies ne viennent pas seul. Elles sont int√©gr√©es culturellement, se diffusent, sont travaill√©es pour plaire, devenir essentielles, indispensables. Nous vivons dans un "r√™ve d'ing√©nieurs", cette formulation g√©niale dans Bienvenue √† Erewhon, documentaire-fictionaire de nos futurs ant√©rieurs, de nos mondes habit√©s-habitu√©s, ambianc√©s sans fronti√®re -- par cet onirisme orw√©lien -- o√Ļ l'humain est enfin lib√©r√© du travail, jusque dans les t√Ęches les plus banales, au coup de puissantes occupations ( territoriales et imaginaires ) par des corporations priv√©es-publics, dans une valse sans fin ( par { Pierre Cassou-Nogu√®s }, { St√©phane Degoutin } et { Gwenola Wagon }, en 2018-2019 ). Les psycho-magies, les objets envoutants, leur omni-pr√©sence, nous affectent-nous manquent. C'est notre substance au monde, ils nous habillent, nous indicent, font que l'on croit au r√©el, ils nous interfacent socialement. Nos apparences nous manifestent. Un produit c'est ce qui voit le jour. Dans un milieu endoctrinant-endoctrin√©, qui pr√©tend qu'il n'y a pas d'alternative ( ou en fait un homme de paille ) tout est design√© pour r√©pondre √† ses pr√©ceptes. De sorte que signes et langages doivent √™tre r√©invent√©s ( pour en sortir ) il faut des contre-r√©cits, des contre-h√©g√©monies, des r√™ves des cauchemards, des mots nouveau aussi, du temps surtout pour dire tout √† fait, pour √©viter la langue de boi, les conceptes creux qui enfument, font passer les dominants pour des gentils. Il faut des contre-contre v√©rit√©s. Quand l'√©l√®ve-individu agit comme il faut, il ou elle est bien r√©compens√©¬∑e. Il y a un plaisir √† la transgression, au secret partag√©, au fait d'√™tre sp√©cial et d'y avoir acc√®s Il y a une conivence dans le fait de mentir ou de croire comme. De collaborer √† une cr√©ation collective unique, ailleurs ignor√©e par ceux et celles qui n'ont pas acc√®s √†. Par adh√©sion et cr√©ativit√© aux r√®gles, je suis approuv√© par ses paires, mes semblables plus ou moins z√©l√©s. Ce qui se joue c'est la complicit√© entre maitre¬∑esse et apprenant¬∑e. Celui de croire ensemble, d'avoir les m√™mes grilles de lectures, la m√™me Culture, une qualit√© dans la compr√©hension des normes internes, les limites qu'il faut franchir pour la faire vivre, autant que leur rigidit√© ( son √©lasticit√© ) : un jeu entre. Ce qu'√©value un ma√ģtre, une maitresse, un corps subordonnant, c'est d'une certaine fa√ßon l'adh√©sion √† ses pr√©ceptes, ou du moins, √† ce que l'√©l√®ve en saisi pour √™tre appr√©ci√©¬∑e. Il s'agit de dicipline. Il s'agit d'appartenance. Les pseudo-sciences ou religions, autant que les r√©cits produits par les r√©cits algorythmiques, profitent d'un certain succ√®s aussi parceque -- ce sont des cultures du tatonement, de l'exp√©rience. Leur perp√©tuel ajustement-flexibilit√© aux critiques -- les rendent particuli√®rement dur √† r√©duire-r√©futer. Alors que leurs modalit√©s d'explication sont tr√®s facile √† croire ( ou du moins sensible, appellant au "bon sens" ) inductive, prenant du temps √† constituer un entier, ( en nous laissant ag√©rablement dans nos confiramtions ) il est dur de les r√©futer tant leurs proc√©d√©s restent cach√©s ( obffuscation et complexit√© ). Le co√Ľt √©nerg√©tique de la r√©futation de nos croyances ( ou de ces logiciels / boites noires ) fait que nous nous √©conomisons, pr√©f√©rant les renforcer, restant dans nos bulles, avec nos filtres, sans jamais nous placer de l'autre c√īt√© de la barri√®re, ( du point de vu de l'√©nnemi¬∑e d√©clar√©¬∑e ). Lire ce qui donne sa croyance aux lib√©raux, entendre ce qui les motive, leur retir une part de monstroisit√©. Me rend moins dogmatique. Mais cette tol√©rance et recherche du savoir, peut venir diminuer mes propres croyances. L'aternative est perverssive. L'√®re de la post-v√©rit√© et des manipulations de masse, tendent √† destituer un sertain ordre social √† grande √©chelle, de fa√ßon inter√©tatique. Tout le monde √©met et re√ßoit de l'information, les quantit√©s telles, les origines si diverses, qu'il est dur d'avoir un avis √©clair√© ( qui soit le sien tout en gardant les nuences ). En r√©sulte un certain [Cahos onthologique #TAZ]. Une instabilit√© des croyances, une division des populations... Ce sont les moyens de la cybern√©tique qui sont √† l'Ňďuvre. De fa√ßon indirecte, toujours en billai, lela manipulant¬∑e modifie du dedans, touche aux sentiments, √† ce que l'individu a de propre.

Cette personalisation cibl√©e des anonymes, entant qu'√©chantillons de donn√©es, fait l'√©conomie des donn√©es, un capaitalisme par la surveillance mut en service, en modernit√© ou style de vie. Celui d'un √™tre au monde conviviale, qui n'a plus tant √† r√©flechir, dont la vie est simplifi√©e, redondante par des automatismes. Avant d'√™tre manipulable -- il faut √™tre perc√©¬∑e √† jour, se livrer malgr√© soi aussi, ignorant de nos propres m√©canismes psychologiques. Le deep-learning sont des armes de manipulation, d'optimisation dans la prise de d√©cision face aux risques. Ces syst√®mes de neuronnes reposent sur un input, des donn√©es en entr√©es qui les nourissent. Le r√©sultat de l'analyse coputationelle qui en d√©coule tatonne pour correspondre-coller avec celui escompt√©. Cette approximation, ce tatonement perfectible, n'est pas celui de nos r√©gimes politiques traditionels. Ils vont √† l'encontre d'une √©pist√©mologie scientifique bas√©e sur la contreverse. Leur r√©gime de v√©rit√© est celui d'un certain pragmatisme. D'une efficacit√© par le r√©sultat mim√©tique. Des moyens sont reproductifs de l'existant ( un moyen de savoir par quels billais le changer entre une situation d'origine et sa copie ). Le fait de cibler des donn√©es pour y parvenir faisait √©crire-dire √† { Antoinette de Rouveroy* } que la lutte contre ces nouvelles gouvernementalit√©s devait s'opp√©rer par le droit ‚Ķ‚Ķ√† l'oubli ‚Ķ‚Ķ√† la bifurcation ‚Ķ‚Ķ(parmis d'autres***) Ces donn√©es √©tatant ananymis√©es, l'anonymat √©tait d√©crit comme secondaire ( comme moyen de lutte ). Cambridge Analytica se basait sur les tests Big 5 pour d√©finir 32 grands types de personnalit√©. Les lettres OCEAN y d√©signent des traits psychologiques. Ils sont propos√©s par Goldberg en 1990 (source). Les tests MBTI sont tr√®s proches ( Myers Briggs Type Indicator ). Ils servent en management comportemental. Par ces outils s'opp√®re une guerre culturelle insidieuse. Pour les arts en tant que que modalit√© de fiction, cette tension a du sens et je m'y expose volontier, j'acc√®pte de me faire manipuler, je me manipule, j'√©coute ce que ces inconforts produisent et r√©v√®lent ( autant dans les contrefa√ßons et perversions de l'Ňďuvre que dans mes inquitutudes existantielles ou de mes faiblesses √† √™tre touch√©¬∑e ). Ce que je peux y critiquer c'est une certaine langue de bois, un incertain dans le propos qui, du fait de l'interpr√©tation d'un tiers, met √† mal critique de l'auteur. √Ä la trangression tend toujours √† s'appliquer la censure. Aux courants de pens√©s alternatives et pseudo-science, les m√©thodologies sc√©ptiques semblent r√©duir au n√©ant. La z√©t√©tique, la pens√©e critique, peut √©branler des mondes. Se sortir d'un monde ne se fait pas sans fraquas. Il faut savoir g√©rer les fins de d√©pendance. Les arts, en ne disant pas tout nous manipulent. C'est le propre des fictions et de leur r√©gime de v√©rit√©. ---- Face √† une Ňďuvre ou un objet sacr√© il y a mon corps dans une salle, plusieurs dedans enchev√©tr√©s. Il y a comme au cin√©ma un avant et un apr√®s. Souvent, entre les deux il n'y a rien. Juste l'infini et la perte de quelque chose justement retrouv√©e. Une trouvaille imense, celle d'un sentiment, d'une affection qui s'ignore, une qualit√© d'√™tre, une individuation. Il y a dans l'art toute la magie qui manque au reste du monde pour √™tre au moins vivable. Il y a le reste de langages cryptiques qui nous regardent en billai, qui se jouent de nous, qui omettent et retiennent la solution de leur jeu, ou qui, bien veillants nous acompagnent, nous donnent entre les mains ce qui nous restera commun. Des indices pour acc√©der au savoir, √† la virtualit√© de l'Ňďuvre. Des exp√©riences transcendentales, enfin de l'extra ordinaire (!), de la magie, du fucturant, de la d√©rive. Enfin une raison et des moyens pour vivre. Pour ressentir quelque chose que j'aurai envie de garder sans le serrer trop fort entre les cottes. Le besoin que ce sentiment reste, qu'il habite. Pour que l'art dont je parle existe, il lui faut des r√©seaux obscure qui ne disent pas leur but. Il faut qu'ils me mentent, il faut que je les crois. Il faut que j'ai peur mais que je lache ma main, une partie de moi doit se laisser faire, suspendre sa cr√©dulit√©. Il faut beaucoup de choses pour retomber amoureu¬∑se¬∑x. Il faut ne plus avoir aucun devoir, aucune obligation sinon que de se laisser prendre. Aimer s'apprend aussi. Et si j'aime voir les marges, les lisi√®res du capitalisme, les pratiques libertariennes, l'essor et le maintien de ses appareils de secret, ces remparts informationels qui par l'obfuscation tendent √† l'anomie, j'aime {aussi} ce qui beau et produit bonneur et joie.

Le contact avec l'enemi irradie et use. Tendre un micro aux anarco-capitalistes, √©couter ce qu'ielles disent, colportent, avancer dans leur Culture... oui j'y vais parce que je veux comprendre mais, √† terme, il faut donner des formes qui ne soient pas des bombes. Qui ne disent disent pas l'urgence de les faire tomber. Et o√Ļ √©crire cela sinon en √©tant autrement qu'avec un nom, une identit√© ? Quiconque se confronte aux id√©es nos√©abondes doit s'y pr√©parer, j'y ais manqu√© parfois pris par une curiosit√© malsaine, un d√©sir scopique. Une pratique de mise en danger qui ne me satifait plus aujourd'hui. J'en ai perdu le go√Ľt et j'en saisi mieux la n√©cesit√© des censures, leur probl√©matique protectrice et pr√©ventive. Tout n'est pas bon √† vivre. Il faut s'en pr√©munir. Les actes anti-sociaux sont rendu possible grace √† leur confinement, leur mise √† l'√©cart des espaces politiques gouvern√©s. Le cryptage et l'obfuscation servent les int√©r√™ts priv√©s. Ces technologie du secret profitent √† des pratiques anti-sociales. Je pense ici aux paradis fiscaux en tant que que milieux opaques. Aux soci√©t√©s offshore, qui √©chappent √† toute responsabilit√©. Ces appareillages fonctionnent de fa√ßon √† supprimer l'origine. Ils intevertissent successivement des identit√©s fictives. La source est ainsi encapsul√©e par des couches successives. Ces proc√©d√©s rendent plus complexe l'enqu√™te visant √† les rendre transparents. La vie priv√©e et le secret sont au cŇďur de nos soci√©t√©s de la propri√©t√©. Sans cette distanciation du moment politique judiciable ces pratiques n'existeraient pas. Elle est primordiale pour maintenir nos modes de vie selon la doctrine lib√©rale. La fable des abeilles { Bernard Mandeville } illustre en quoi cette vie priv√©e, retenue du jugement moral, la rend supportable. Elle rend compte du fait que la vie priv√© de chaqun profitent √† la soci√©t√©, √† son essor marchand et que ceux sont les motivations imorales qui motivent les int√©r√™ts de chaqun. C'est aussi la pens√©e de { Sade }, qui rappelle la na√Įvet√© qu'il ya √† ne pas se pr√©munir du Mal. Que les vices dirigent le monde et que leurs victimes doivent s'en pr√©munir. C'est de leur devoir d'agir pragmatiquement selon ce principe. Les questions de libert√© individuelle ( et de leurs limites souhaitable ) est centrale dans la pens√©e liberaire et lib√©rtarienne. Il reste √† savoir quelle √©thique appliquer √† soi-m√™me. Qui est souverain et comment optimiser sa recherche d'une vie bonne. Selon quels principes, quelle d√©ontologie. Reste √† savoir si une institution devrait interm√©dier dans les agissements des individus. Quel pouvoir vient d√®s lors le contraindre ? Comment justifier la souver√©net√© des uns sur les autres ?

Les th√®ses s'opposent afin de juger si l'homme est mauvais par nature. Il devrait ainsi se soumettre √† une autorit√© sup√©rieure tel le L√©viathan de {Thomas Hobbes} qui constitue indivisible On y oppose celle de Rousseau qui, avec l'id√©e du contrat social, d√©met l'individu de sa propre libert√© qu'il aqui√®re en tant que que citoyen. Reste √† savoir si l'Homme est rendu mauvais par la soci√©t√© qu'il corrompt, si, √† l'√©tat de natur, √† l'origine, il √©tait bon. Cette question est centrale dans la conception morale. Si tel est le cas, si l'homme est corrompu, alors il en revient aux soci√©t√©s responsables d'y rem√©dier. L'√©galit√© n'est pas au centre de la doctrine n√©o-lib√©rale. Elle a pleinement naturalis√© le fait de l'in√©galit√© par naissance. Il s'agit aux individus de trouver leurs moyens de survivance, de r√©pondre √† leur voccation par le m√©tier, le travail. Cette valeur centrale justifie par le m√©rite un acc√®s aux march√©s, √† l'argent en tant que qu'information. Que seraient les Hommes en minarchie ? On nous promet l'anarchie. Je pense qu'elle est √† l'Ňďuvre dans le n√©o-lib√©ralisme ( c'est une th√®se r√©pendue il me semble ), qu'il suffit de se baisser pour la trouver abjecte. Quele gouvernalit√© pr√©f√©rer ? Quelles modalit√©s instutionnelles pour limiter-encadrer les d√©lits ? Par quels moyens et envie promouvoir des contres-v√©rit√©s ? Des symboles alternatifs qui diminuent ceux qui dominent ? Quelle sociabilisation ? Quel laiss√© faire libertaire-libertarien ? Que faire face aux √©tats absorb√©s par les lois du libre √©change et sans entrave ? Comment agir et √™tre dans nos soci√©t√©s liquides dans lesquelles m√™me la critique artiste a √©t√© retourn√©e ? Qu'opposer √† l'esprit du Capitalisme { Max Weber } qui abouti par des principes de d√©centralisation, d'Uberisation et d'externalisations, √† un syst√®me informel, moux, qui ressemble plus √† un bazzar qu'√† une Cath√©rale. Plusieurs fois les interm√©daires des actionaires ( et avant eux les "patrons" ) on exp√©riment√© des formes d'autogestion, sc√©d√© temporairement un peu de pouvoir √† leur main d'Ňďuvre. Ils ont t√īt fait de ress√©rer les visses, de diminuer les niveaux de vie qui laissent voir { Gr√©goire Chamayou }, interview√© par { Laura Raim¬†} pour Hors-s√©rie: Les arts capitalistes de gouverner https://www.hors-serie.net/emission.php?id=332 + vim√©o compl√®te ( puis √† lire dans son ouvrage du m√™me titre ) En dilluant les hi√©rarchies, en int√©grant la critique esth√©tique de l'autrorit√© aujourd'hui diffuse, le n√©o-lib√©ralisme dissoud les fils barbel√©s. Ils ont pris la forme de mots de passe. Des espaces privatifs, identifiants chaque activit√©. De sorte que le moinde objet humain ou abstrait, converti en information s'auto-manage. Nous int√®grons ainsi, pris par un pouvoir-soft, une gouvernementalit√© indolore, de laquelle nous sommes socialement d√©pendants. Nos virtualit√©s en tant que que bifurcations de vie sont r√©duites. Et au de productions qui nous font vivre, bien des corps sont us√©s, censur√©s dans leurs volont√©s d'√™tre et d'agir. Quel point fixe d'o√Ļ faire r√©sistance ? Par quelles modalit√©s de discours et d'affecte si ce n'est, en utopie du moins, en r√©anchantant nos mondes, en colonisant-explorant ceux qui restent aux mains des puissants. Ou en prenant le maquis num√©rique, en assumant cet √©tat de pr√©dation de fait et en nous armant d'outils ad√©quats pour infl√©chir cette tendance g√©n√©rale. ----

De ces puissances naissantes-√©mergentes et qui {trop souvent} par la Culture se pensent l√©gitimes d'avoir le savoir-faire et √™tre. La Haute Culture sert de marqueur social. C'est un capital informationel r√©serv√© √† une population ainsi distincte, √©rig√©e comme l√©gitime par cet acc√®s ( et la reproduction de ses codes, participant √† cette religion symbolique ). Pour autant, les arts ont une dimension sociale, au m√™me titre que les technologies, ils peuvent servir de moyen d'd'empowerment. Les courants anarchistes s'opposent, se compl√®tent. Leurs autrices et auteurs ont des aspirations distinctes. On observe un anarchisme individualiste, libertaire ou encore libertarien ( de gauche, de droite et des extr√®mes ). Ce paysage donne √† concid√©rer la place des individus socialement subordonn√©s. La cellule-individu est alors constituant d'une √©thique qui tend vers une sociabilit√© antiautoritaire. Et selon la teinte de ces principes d'organisation les individus redistribuent autrement l'autorit√©. La souver√®net√© de chacun-chacune est ainsi vecteur et moyen de transformation social. Depuis environ de deux si√®cles, l‚Äôanarchisme, un corps tr√®s Ňďcum√©nique d‚Äôid√©es antiautoritaires, s‚Äôest d√©velopp√© dans la tension entre deux tendances fondamentalement contradictoires : un engagement personnaliste pour l‚Äôautonomie individuelle, et un engagement social pour la libert√© sociale. Ces tendances n‚Äôont, en aucun cas, √©t√© r√©concili√©es dans l‚Äôhistoire de la pens√©e libertaire

Les technologies font partie des moyens op√©rants pour retrouver une autonomie et souver√©net√© des moyens de reproduction. Les arts, toute dicipline, est un point de d√©part critique par lequel chercher des issues pratiques. L'autonomie Culturelle autant que l'invention d'outils propres -- sont produits afin de ne plus d√©pendre de. L'enseignement par et pour la technique est vecteur d'une r√©apropiation des moyens d'existance. L'usage massif de logiciels en licence libre est un bon exemple. La Cathedrale et le Bazzar illustre chez { Eric Raymond } -- l'id√©al d'un r√©seau d'apprentisage non d√©scendant. Une d√©centralisation des pouvoirs de la classe vectorielle* √† celle d'une classe Hackers. Ou plut√īt, le bazar est il une al√©gorie d'une organisation pseudo-spontan√©e. Elle ne repose pas sur une organisation stricte des rapports de pouvroir executif. Mais selon des modalit√©s d'autoorganisation qui, de l'ext√©rieur, de par leur manque d'interm√©diaires mang√©riales distincts, opp√®re dans un cahos apparent : selon d'autres modalit√©s de m√©rite et de reconnaissance. La hi√©rachie peut tendre vers un pouvoir direct par l'action. Le pouvoir √† celui ou celle qui fait et dont la proposition est ensuite soumise aux critiques. Le code-objet propos√© est soumis davantage √† sa faisabilit√© technique-pratique. Ces modalit√©s d'une /autre/ co-organisation r√©partissent autrement le pouvoir. Ces corps √©chappent √† priori √† une gouvernence stricte au pouvoir centralis√©, partag√© entre certains nŇďuds ainsi in√©vitables. Le P2P et les r√©seaux crypt√©s ont de commun qu'ils inventent des asym√©tries politiques. Les f√©d√©ralismes et municipalismes vont, eux, dans le sens d'une organisation entre corps interm√©diaires plus proches. Les protocoles qui soutendront un wwweb distribuant le pouvoir des donn√©es devra permettre une autonomie et souver√©net√© entre les pairs. Pour autant l'autonomie ne vient pas sans apprentissage et diffusion de ces outils. Ils sont ad-hoc, adapt√©s, circonstanci√©s, √† des pratiques atypiques. Leur d√©mocratisation en tant que que culture populaire fait partie des enjeux libristes. ==> C'est une lutte contre les usages majoritaires. Les artistes /au de√ßu des lois/, porteurs d'/innovation/, seraient les garants excentriques de nos soci√©t√©s. √Ä m√™me, par leurs d√©tournements des conventions, en tant que que classe hackeur, en capacit√© de contrefaire les r√©alit√©s, de faire valloir des pratiques mineures, d'induire en l'humain sa part toujours pathologique, d'en relativiser l'√©cart √† la norme. Les technologies ont un potentiel disruptif, une potentialit√© de transformation sociale. Certaines reproduisent les interactions d√©j√† existantes. D'autres, plus disruptives, inventent et boulversent des pouvoirs √©tablis. Pour une certaine partie des pionni√®res et pionniers qui l'on imagin√© et cod√©, Internet portait cet espoir d'une ceraine alternative relationelle. Celui d'une certaine ingournabilit√©s aussi. Le Cyberespace sans fronti√®re ni nation fantasmait concr√®tement une dillution des pouvoirs √©tatique d'apr√®s guerre. Un eldorado, un western, qui reprend forme, emplifie-poursuit les luttes des crypto-d√©fenseuses et d√©fenseurs ( qui ont rendu accessible les outils cryptographiques (dont PGP) aux peuples sans la main mise d'un tiers, sans porte d√©rob√©e ni autre contre partie ). [* Cette guerre pour le droit √† l'usage commun des crypto technologies -- est racont√©e ici, dans la s√©rie d'emissions "Darknet Diaries" ep 12 (anglais) https://darknetdiaries.com/episode/12/ ]. Une lutte pour le droit ouvert pour les citoyennes et cytoyens -- au secret informationel non plus r√©serv√© aux intitutions dont les √Čtats. Le [manifest d'ind√©pendance du Cyberespace*], fait √©tat de cette volont√© de sission. On retrouve cette utopie aujourd'hui dans la course aux cryptomonaies num√©riques ( au grand damn des d√©fenseurs et d√©fenceuses d'un projet anti-centraliste ). Cet √©ldorado dans l'extraction par l'accumulation de pouvoir de calcul cr√©e une asym√©trie. D'un c√īt√© une production monaitaire et surtout une capitalisation. L'√©mergence de nouveaux march√©s et d'une nouvelle classe capitaliste. Ce que font les crypto c'est d'apporter au num√©rique sa granularit√©*, une possible valuation autonome de ressources num√©riques. Des valeurs qui gardent la versatilit√© des donn√©es num√©riques, hyper-reproductibles, diffusables, mais en leur assignant les rendant uniques, identifi√©es comme ayant une existence propre, sans copie ou falsification possible ( de fa√ßon √† rendre √† ces objets num√©riques une certaine authenticit√© et fid√©lit√©, une origine v√©rifi√©e et n√©cessairement unique, une Aura ? { Walter Benjamain* } ) Peu √† peu des institutions et √©tats cherchent √† encadrer ces pratiques ( qui les ont pris de court ). Une fois encore, pareillement aux monopoles sur Internet, l'√©tat est un vecteur de limite. Par endroit, alors que leur pouvoirs sont diminu√©s-atteints, des organes politiques tentent d'en limiter les abus. √Ä l'image des paradis fiscaux, certains √©tats dont Chipre -- deviennent la terre d'asile de ces pratiques [ RYBN en a tir√© une enqu√™te √©difiante sous la forme d'une expo-veilles* ]. Les crypto-anarchistes promettent-envient une soci√©t√© sans √©tat-entreprise omnipotentes sur les individus. Et l√† encore il y a sans doute un crypto-communisme et un anarco-crypto-capitalisme exacerb√© qui, de ces outils-principes peut √©merger. Les outils sont agnostiques, ce sont les usages qui leurs donnent leur fonction. Mis entre les mains de certaines corporations les outils de deep learning et des amas de donn√©es peut donner le pire de l'industrialisation du traitement informationel et de sa gouvernementalit√©. S'en √©menciper n√©cessite un investissement qui ne peut profiter √† toutes et tous. Et peut se poser la question de savoir si, face √† de telles corporations, la p√©dagogie par le bas, un nŇďud apr√®s l'autre, pourra faire la diff√©rence ( sans l'apport politique d'institutions internationales ( √©tatiques ou non ) ). √Ä mon sens il n'existe pas de luttes et de formes isol√©es. Les arts ont leur place dans la critique des √©g√©monies culturelles, contre les normalt√©s et standardisations de nos mode de vie et de pens√©. Je crois au potenciel √©mencipateur des arts, pour leur qualit√© √† r√©interpr√©ter les aquis culturels en les d√©naturant. Une capacit√© utopiste qui, de surcroit, doit faire appel √† d'autres intelligences, √† d'autres int√©riorit√©s introverties. Un potentiel de l'affirmation de l'individu qui s'y trouve divis√©, incertain de lui-m√™me, de ces perceptions du monde jamais ou peu ressenties-questionn√©es-anim√©es. Je fais donc partie des gentes qui pensent que les arts sont vecteur de pouvoirs qui manquent pour vivre ; que les Cultures fluctuent, se travestissent entre elles ; que les artistes sont bien plus nombreuses et nombreux qu'on ne le serait dire ; qu'√™tre artiste, comme √™tre intelligent, n'est pas un √©tat permanent, stable. Les artistes sont aussi des amies, des amants, des corps, des souffles. Je voudrais faire vivre des Ňďuvres pour ce qu'elles nous r√©v√®lent sur nous, sur moi. Sur ce qu'elles donnent √† penser, √† inventer, √† faire. Ce qu'il y a ce sont des arts populaires, des rapports de pouvoirs entretenus par le symbolique, l'implicite violence d'un √©tat diciplinaire qui omet d'autres formes moins fermes, moins reconnues ou abouties. Il y a des arts √©mergents. Des gestes de recherche qui ne semblent pas cr√©er. Des artistes qui pensent et font penser les t√™tes, chauffer les cŇďurs et les mains. La Haute Culture n'est pas l'ensemble de la culture et des arts. Les artistes sont nombreuses et nombreux. Les moyens de subvention et d'existance sont socialis√©s. Si bien que l'artiste n'opp√®re que rarement et uniquement en tant que que tel. Certaines Ňďuvres ont la capacit√© d'instruire ou de donner envie d'apprendre ou de ressentir. C'est aussi √† moi de me diriger vers les arts qui encouragent la critique. Ce que je me deamande dans le fond c'est si l'Art politique que je recherchais n'est pas une illusion, un leure ? Une facade sur laquelle je me butte et qui m'emp√™che de trouver du sens l√† o√Ļ pourtant je le sens. Dans l'interaction qui s'y joue, dans une r√©appropriation et invention de formes et de codes porteurs d'une contre-v√©rtit√©, d'une r√©interpr√©tation des mondes. C'est un peu comme si, √† force de tenir cette lanterne critique, je m'emp√™chais d'y voir autre chose que de l'humour. Comme un sarcasme latent ou une auto-r√©alisation religieuse de l'Art pour l'Art. Comme si aussi, d'√™tre trop au fait des objets que j'√©tudie, j'avais forte tendance √† ne plus resentir leur pouvoir magique sur moi. Comme d√©gout√© de l'or qui ne sait plus briller. Une perte du regard d'enfant, na√Įf et d√©sirant. Toujours s√©ptique, d√©tach√© de l'onirisme, trop attach√© √† comprendre et r√©duire. Comme aillant perdu mon ame d'artiste. De ces ultra qui centralisent par leur richesse des capacit√© d'acces et d'√©criture et d'execution sans pareil. De ces nouveaux tr√©sors, de ces mines de crypto aux dark-data les gisements num√©riques prom√®tent un nouvel age d'or. Que faire sinon de l'art qui nous donnent √† penser, √† sentir que l'on est pas fou, √† se le rappeller que le r√™ve est √©veill√©. Qu'il reste de l'humain, du commun, et qu'il peut se trouver dans les mains de chacune, de chacun. Que les arts se font aussi quand ils ne sont pas nom√©s ainsi, qu'on est artiste par moments dans sa vie sans y faire vocation. Artiste est un m√©tier de chercheur, de chercheuse. D'une t√™te qui tire des hypoth√®ses et cherche les meilleurs moyens de manipuler par son r√©cit, selon des lois d'attraction, de captivit√©, de relache. Il y a tant d'art qu'il y a de papillons, de facons d'√™tre et de l'ignorer, de le devenir, tendu¬∑e par la main ou lach√©¬∑e sans cartel ni m√©ta. Une Ňďuvre qui abouti, qui se produit:, chacune est un miracle. Une possible bifurcation. Un suspens au sein d'un monde en guerre sur la base de la concurrence par d√©faut. Un possible germe qui donnera plus tard ou dans l'instant-- le d√©sir de vivre et de lutter s'il faut ( ou de s'en retourner vivre, dormir, aimer ). Un monde dont l'√©conomie est devenue premi√®re dans ce qui fait le social, en dicte {trop souvent} les r√®gles, les principes, les moyens, les urgences. Pour y parvenir les artistes ont besoin de darknets qui les h√©bergent. Leur permet de faire sission le temps de nous plonger dans leur mythologie. Un temps d'isolation volontaire dans des espaces temps r√©gis par d'autres principes. De c√©llules temporairement √©tenches mais aussi de f√™lures hors les murs, d'une multiplication des gestes et de la pens√©e artiste en d'autres temps et lieux. Pas que la Culture nous sauve... mais bien que leur point de d√©part p√©dagogique soit celui de l'ignorance commune. D'une hypoth√®se cryptique qui engage vers un d√©couvrement, un effort d'acc√®s. Les arts remplissent aujourd'hui un r√īle m√©taphysique indispensable √† nos soci√©t√©s majoritairements ath√©es. Il y a une certaine cognition-√©pist√©mologie artitistique. Les Ňďuvres faites par des humains nous mentent, c'est toujours un jeu de tension, de dupe temporaire, de ruse, il faut s'en m√©fier ou s'y laisser prendre. Moi, si je me suis lanc√© sur les r√©seaux obscures-occutes, avant tout, c'est que j'avais besoin d'un lointain, d'autres fronti√®res m√īles dans lesquelles pourraient subsiter une minarchie. Un √©tat minimum. Et je pensais na√Įvement qu'il y aurait de la beaut√© aussi, que les int√©r√™ts communs pousseraient vers de l'entre aide, que les maquis √©taient n√©cessairement ceux d'une lutte contre ce que les soci√©t√©s produisent. Je ne pensais pas qu'√† l'utopie Lib√©rale pouvait se d√©velloper celle libertarienne. Je n'avais pas imagin√© un anarchisme individualiste, souvrain sur lui-m√™me, d√©laissant √©tats et institutions r√©gulatrices. Mais j'ai trouv√© des outils qui peuvent servir √† tous, pour le meilleur. Pour les maquisards et maquisardes qui luttent ou juste veulent vivre sans avoir √† se cacher. Sur ces r√©seaux je voulais retrouver un certain esoth√©risme newage dans lequel j'ai longtemps √©volu√©. Je voulais retrouver-chercher dans d'autres terriers. Je pensais {m√īlement} qu'√† chercher via des protocoles magiques on l'y retrouvait de fait. Je confondais le contenu et le m√©dia qui le transporte. Et c'est interessant de me rendre compte que c'est une ab√©ration culturellement r√©pendue. Qu'il y a un exotisme de ce cot√© des r√©seaux, de leur mythologie. Que ces espaces sans r√©gime de v√©rit√© strict sont le lieu des colportages, du mensonge voire de la manipulation. Et c'est le fond de mon questionnement pratique : Comment faire co-exister un r√©gime de v√©rit√© artistique, celui d'une polyvocit√©, d'une virtualit√© certaine, avec celui de la v√©rification contradictoire d'un r√©cit universitaire ? Comment coexister ces gestes de pens√© et d'√™tre ? Comment faire des Ňďuvres (ou proto-Ňďuvres) qui dans leur excentricit√© discursive, leur √©pist√©mologie, √©claire un sujet ? Comment, moi, en tant que qu'artiste-chercheur je peux r√©aliser cette ambiguit√© f√©conde ? Comment faire pour que le corpus que je travaille me fasse penser, me contrarie, me bouge, me fatigue, m'agasse, me soulage, m'inspire ? Pour le moment, j'ai le sentiment d'avoir plut√īt un sujet g√©n√©ral, celui d'un mot, Darknet, qui charie un imaginaire et le sentiment d'une certaine ill√©galit√©, du hacking comme pratique d'un contre pouvoir asym√©trique grace au cryptage des donn√©es ( et de leur transmission ). Mais moi, ce qui m'interesse surtout, en tant que qu'artiste, c'est la qualit√© originale de ces environements. Leur plasticit√© au sein d'un monde qui tend √† un d√©confinement total permanent ( depuis nos cellules molles-perm√©ables, connect√©es ). Quelles sont leurs qualit√©s disruptives ? Vers quelles r√©volutions nous menent elles ? Ces blockchaines, ces webs d'une autre gouvenementalit√© enfin ingouvernables. Quelle existence pour une activit√© ou un objet qui ne peut plus √™tre administr√©, index√©, qui √©chappe aux contr√īles, aux surveillances ? Qui profite de la guerre gagn√©e dans laquel chaqun peut crypter ses donn√©es -- sans l'autoristaion d'un √©tat ? Y aura t il un crypto communisme ? Qu'es ce que ne plus exister socialement ? Que de perdre totalement son identit√© ? Et de s'en inventer une autre ? Ou encore pour un migrant de br√Ľler ses papiers pour n'√™tre nait null part et demander asile ? Il est √©trange ce papillon dans le ventre, ces fourmis dans les doigts quand j'entre la premi√®re fois sur un r√©seau diabolis√©, que je me sais en fin seul en r√©seau. D'un sentiment proche √† selui de ma premi√®re rave il y a quelques ann√©es. La peur au ventre, une incertitude sur mes capacit√©s d'adaptation. Le sentiment de l'ilimit√© aussi. D'une folie id√©aliste de nouveau possible. Cette petite voix qui demande : et si tout est possible, par o√Ļ commencer ? Et de comprendre qu'il ne s'agit pas de r√©seaux, pas que. S'il n'y avait aucune limite, quel serait le monde que je voudais habiter ? Quelle serait ma culture, nos habitus, nos r√©cits fondateurs ? Jusqu'o√Ļ me laisserais je d√©constuire ? ---- Le /haker feeling/ est un moment d'exception dans l'usage d'un outil qui rompt avec ceux que je leur connaissais jusqu'alors. Une premi√®re √©piphanie jouissive qui explique en partie la mauvaise presse √† l'endroit de certains clubs de haking, de cette image d'un'une individu au dessus de tout, arrogant.e ou pire. Je ne suis pas hackeur mais je reconnais ce sentiment de mont√©e en comp√©tences, de faire l'exp√©rience positive d'un acquis empirique (qui se mesure √† son r√©sultat heureux). Un plaisir d'une certaine ing√©niosit√©, d'un contournement des contraintes par les bons moyens. Les outils techniques viennent modifier l'environnement qui, dans les circonstances ne suffisent par vivre une vie bonne. Si ce monde n'est pas pr√®s de changer, que tu vie sous une dictature ou sous les coups de ton mari, alors tu peux avoir besoin d'outils qui te permettent de communiquer avec le monde sans laisser de traces. Je lisais https://leanpub.com/queerprivacy les √©couteurs dans https://darknetdiaries.com/episode/71/ Les t√©moignages de zones socialement occup√©es ne manquent pas. En m√™me temps, l'histoire de nos vies priv√©es nous appartiennent. Pour nous prot√©ger et prot√©ger les autres, il faudrait que nous g√©n√©ralisions les pratiques de distanciation num√©rique... Penser aux autres dont je connais si peu et dont je me permet de penser la peine et de m'y voir souffrir sans que pour autant je n'en comprenne rien. Se dire du bon c√īt√©, oeuvrant pour le bien, cela me parait peu vrai sans le concret d'un terrain, d'un contexte sp√©cifique. Des pens√©es en l'air pleines de bons sentiments. Utiliser des outils de hacking et qui servent de d√©fense contre les oppressions ne fait pas d'une Ňďuvre un objet d'office politique. L'usage d'outils et de pratique d'attaque ou de d√©fense informatique ne font pas des artistes des activistes. Je ne pointe personne du doigt, je me rend compte que cette critique par des professionnels du domaine (j'en connais peu) est viable. Ce qu'ielles critiquaient c'est une sp√©ctacularisaiton de ces pratiques hors de leurs domaine. Une certaine coloration de propositions artistiques qui pour eulles sonnent faux. C'est un point de vu, leur opignion, pas m√™me un t√©moignage. Il est p√©rtinent si on oublie que la performativit√© de ces Ňďuvres racontent leur jobs, donnent √† penser des pratiques qui pour le grand public sont sinon impensables. Le r√©usage ou le fait de rejouer des pratiques peu avoir quelquechose de sp√©ctacularisant. Mais elles √©clairent aussi sur les usages qu'en ont les agences de renseignement. √áa nous rappelle que √ßa existe. Que c'est possible. Les artistes qui performent cet ill√©galisme ont souvent lavantage de faire √† moiti√©. De jouer pour certain aux hackeurs. Mais certaines Ňďuvres s'en tirent bien. Elles √©clairent sur l'√©tat actuel des technologies. En rappelle la potentielle dangerosit√© sociale. Les artistes de la techique ont besoin d'outils qui provoquent des interactions atypiques. On les attend ing√©nieux ing√©nieuses , √† percevoir autrement au m√™me titre qu'un'une philosophe en train de faire des hypoth√®ses. Et puis il n'y a pas que la technique, il y a son habillage, la fiction, les m√©tas. Il y a dans toutes ces pratiques des volont√©s de documenter et raconter nos mondes. De nous faire vivre ou penser des r√©cits alternatifs... Retour